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mardi 29 septembre 2009

"Il n'y a pas de séparation entre socialisme et démocratie. Il s'agit du "démocratisme" socialiste. La démocratie repose sur l'illusion de l'égalité des votes". Jean Jaurès.

democratie

Petites réflexions linguistiques sur l’expression : « Nous vivons dans un régime démocratique » :

1. On dit généralement : « elles ont vécu sous un régime totalitaire/dictatorial/communiste », lorsque l’on évoque les populations « opprimées » par le régime de Staline. Le régime totalitaire écrase et cache le peuple sous lui. En revanche, il semble (d’après un relevé statistique) que l’on vive plutôt dans un régime démocratique ; laissant penser qu’il englobe l’ensemble du peuple qui y évoluerait et exercerait ses droits à tout niveau. Le régime démocratique représenterait donc une sorte d’atmosphère où il fait bon respirer la liberté, et dans laquelle le peuple prospèrerait paisiblement. Or le régime que l’on connaît ici sous le nom de démocratie est visiblement loin d’être vraiment démocratique, car lui aussi s’assied sur le peuple. À la question « Vivons-nous dans un régime démocratique ? », la réponse est non ; mais à la question « vivons-nous sous un régime démocratique ? », la réponse pourrait alors être oui. Si cette seconde question sonne un peu mal, il est tout à fait possible de la reformuler : « vivons-nous sous un régime parlementaire ? ». Et là on retrouve le sens de la transcendance, de la domination, de l’oppression toute démocratique du peuple par ses élus, ironiquement nommés « représentants ».

2. La frontière entre les formes de régime de dictature capitaliste et de régime démocratique est au fond assez ténue. Dans le premier cas, on n’est pas sûr de rentrer le soir chez soi ; mais dans le second, tel qu’on le vit aujourd’hui, on n’est pas sûr d’avoir encore un chez soi après-demain. Toujours est-il que dans les deux cas, chômage, précarité, difficultés de vie y règnent. Seule différence : la ploutocratie en démocratie maintient son pouvoir en flattant la tendance du peuple à vivre dans l’esclavage en lui demandant de librement consentir à lui donner les clefs des chaînes qui l’entravent.

En revanche, la distance entre régime de « dictature » communiste et régime démocratique est immense. Si ce dernier dans sa définition officielle, social-démocrate, est un régime qui émanerait du peuple, mais seulement dans le sens où le pouvoir est délégué par le peuple, et s’il est bien l’opposé du régime totalitaire communiste, pourrait alors émerger une définition originale de ce régime totalitaire (autre terme issu du vocabulaire social-démocrate) : la « dictature » communiste serait un régime non délégataire qui prendrait en considération la totalité des intérêts du peuple parce que celui-ci est véritablement au pouvoir. Grande différence avec le régime démocratique où moins le peuple a de droits, plus il recevra ce qu’on lui octroie comme des faveurs du maître à l’esclave. Le régime démocratique a peut-être pour condition nécessaire le suffrage universel, mais qui n’est en rien suffisante (surtout lorsque nos dirigeants – voilà un mot intéressant – semblent nous dire : vote toujours, tu m’intéresses !). Il manque en effet d’autres conditions, en particulier l’équitable répartition des richesses produites par le peuple, pour ne pratiquer une politique de classe.

Aussi je reviens sur les deux premiers mots « Nous vivons » de l’expression étudiée ici. Vivons-nous réellement, ou plutôt survivons-nous dans le « régime démocratique », dans lequel les disparités entre couches de la société s’aggravent fortement jusqu’à devenir insupportables pour beaucoup de gens ? La question devrait même être pour un grand nombre de personnes appelées à s’organiser et à lutter, la même que se posaient Pierre Simonot et ses camarades résistants : « En verrons-nous la fin ? » ; ils parlaient alors de la guerre. La question serait ici : « survivrons-nous à ce régime démocratique, ou périrons-nous avant qu’il ne périsse ? »

3. L’expression « Nous vivons dans un régime démocratique » est quasiment toujours assénée comme une vérité ; une vérité relevant de l’idéologie sociale-démocrate qui a su nous imposer un vocabulaire et une « bonne » manière de vivre ensemble dont il est extrêmement difficile de se défaire, tant ils sont largement intégrés par tous, dans nos modes de raisonnement. Le système « démocratique » n’est pas parfait – tout le monde s’accorde à le dire – mais il est globalement bon ; seuls quelques patrons « voyous », ou des élus qui ont capitulé devant le capital, seraient responsables de sa perversion. Changer les hommes, et tout ira bien. Illusion bien entretenue par la social-démocratie. Du reste, qu’est-ce que le totalitarisme ? C’est le contraire de la démocratie. Qu’est-ce que la démocratie ? C’est le multipartisme. Dans quelles conditions s’exprime ce multipartisme ? Peu importe, mais une chose est sûre : là où il y a parti unique, – et quelles que soient les réalisations sociales concrètes (santé, éducation, logement, …) –, on est en présence d’un exemple avéré de dictature à dénoncer sans répit, surtout si le capital occidental ne peut pas y investir plus de 3%, comme en Chine, ou pas du tout comme en République Populaire Démocratique de Corée.

Deux choses l’une : soit nous nous réapproprions le mot « démocratie » en lui insufflant un sens fort et communiste, soit nous devons être assez forts pour imposer un autre vocable non équivoque pour décrire le régime auquel nous aspirons. La véritable démocratie ne peut être qu’une forme de dictature du prolétariat, et ne doit rien avoir à faire avec l’idéalisme cher aux bonnes âmes « démocrates ».

4. Reposons différemment la question « Vivons-nous dans un régime démocratique ? » : « Subirons-nous encore longtemps ce régime démocratique ? », ou « Vivre sous un régime démocratique : l’enfer », ou encore « Si la démocratie existe, est-elle vraiment chez nous ? ».

Les démocrates sont-ils par nature démocrates ?

Dans une Europe nourrie des Lumières et d’Humanisme, nous apportant bien-être, prospérité et paix, il n’est bien entendu pas étonnant de rencontrer un très grand nombre de démocrates, unis dans le seul but de porter au plus haut dans les institutions politiques de leur pays respectif ces valeurs séculaires. Un petit tour d’Europe nous aidera à mieux apprécier la mission qu’ils se sont donnés :
- En Suisse, pays neutre et de refuge, l’Union Démocrate du Centre a remporté les dernières élections fédérales. Libérale sur le plan économique, conservatrice sur celui des mœurs, l’UDC est ouvertement xénophobe. - En Espagne, dont un roi maintient l’heureuse unité, les démocrates chrétiens, pétris de foi et de dévouement pour leurs prochains, se sont retrouvés sous la bannière d’un Parti qui ne pouvait être que Populaire, pour gouverner le pays jusqu’en 2004. Qualifié de « droite la plus musclée d’Europe », ce parti avait à sa tête le très atlantiste Aznar, favorable à la guerre en Irak et au bombardement du Liban, petit-fils d’un proche du dictateur Franco, dont il a subventionné la fondation, et qui est maintenant devenu administrateur du groupe de presse néoconservateur de Rupert Murdoch.

- L’Italie, pour sa part, a donné naissance sur le modèle, non pas d’une fresque de Michel Ange, mais du Parti Démocrate des USA, au Parti du même nom qui vient de perdre très sévèrement les élections législatives, après avoir perdu toute prétention si vague soit elle à une politique socialiste.

- L’Allemagne, pays des romantiques Gœthe et Schiller, n’est pas avare en démocrates : les Partis Social Démocrate (SPD), Chrétien Démocrate (CDU), et Libéral Démocrate (FDP) ont tous en commun, à l’exception du mot dont l’étymologie renvoie au pouvoir du peuple, un choix clair en faveur de la construction d’une Europe libérale dirigée par une commission dont les membres sont choisis en dehors de tout cadre démocratique.

- Le Parti Démocrate Européen (PDE) s’est battu comme un beau diable, sur fond bleu étoilé, pour faire admettre le traité constitutionnel européen de la « concurrence libre et non faussée » rejeté par le peuple et adopté par les démocrates qui les « représentent ».

- Dans notre pays des Droits de l’Homme, le Mouvement Démocrate (Modem) du malchanceux Bayrou regroupe des parlementaires qui ont voté, comme un seul homme, toutes les lois proposées par l’UMP-MEDEF, entre autres celle des 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux à nos « concitoyens » les plus riches, car sans doute les plus méritants.

- Que dire encore du programme du Parti Populaire, Libéral et Démocrate des Pays-Bas (VVD), si ce n’est qu’il se trouve inscrit dans son nom. Et du Parti Démocrate Libéral de Macédoine, et de tous ceux des autres pays européens ?

La nature du démocrate paraît être la nature politique la mieux partagée sur le continent européen ; nature qui semble pourtant étrangement se confondre avec celle de ceux qui, soit détiennent le capital, soit servent les intérêts du capital. Aussi ne devrions-nous pas voir la revendication, de plus en plus affichée, des socialistes français de leur appartenance, au mieux à la social-démocratie, au pire au social-libéralisme, comme une sorte de coming-out politique : être des démocrates décomplexés ? Affichons-nous enfin démocrates, pour le plus grand malheur du peuple.

Que conclure ? Que la démocratie est un bien trop précieux pour la laisser entre les mains des démocrates ? En tout cas, une chose est certaine : la démocratie, plus on en parle, moins elle s’exprime.

La Révolution d’abord et toujours !

(Ce texte est le manifeste du surréalisme publié dans divers revues en août 1925, en réaction à la guerre du Maroc)

Le monde est un entre-croisement de conflits qui, aux yeux de tout homme un peu averti, dépassent le cadre d’un simple débat politique ou social. Notre époque manque singulièrement de voyants. Mais il est impossible à qui n’est pas dépourvu de toute perspicacité de n’être pas tenté de supputer les conséquences humaines d’un état de choses absolument bouleversant.

Plus loin que le réveil de l’amour-propre de peuples longtemps asservis et qui sembleraient ne pas désirer autre chose que de reconquérir leur indépendance, ou que le conflit inapaisable des revendications ouvrières et sociales au sein des états qui tiennent encore en Europe, nous croyons à la fatalité d’une délivrance totale. Sous les coups de plus en plus durs qui lui sont assénés, il faudra bien que l’homme finisse par changer ses rapports.

Bien conscients de la nature des forces qui troublent actuellement le monde, nous voulons, avant même de nous compter et de nous mettre à l’œuvre, proclamer notre détachement absolu, et en quelque sorte notre purification, des idées qui sont à la base de la civilisation européenne encore toute proche et même de toute civilisation basée sur les insupportables principes de nécessité et de devoir.

Plus encore que le patriotisme qui est une hystérie comme une autre, mais plus creuse et plus mortelle qu’une autre, ce qui nous répugne c’est l’idée de Patrie qui est vraiment le concept le plus bestial, le moins philosophique dans lequel on essaie de faire entrer notre esprit (1).

Nous sommes certainement des Barbares puisqu’une certaine forme de civilisation nous écœure.

Partout où règne la civilisation occidentale toutes attaches humaines ont cessé à l’exception de celles qui avaient pour raison d’être l’intérêt, «le dur paiement au comptant». Depuis plus d’un siècle la dignité humaine est ravalée au rang de valeur d’échange. Il est déjà injuste, il est monstrueux que qui ne possède pas soit asservi par qui possède, mais lorsque cette oppression dépasse le cadre d’un simple salaire à payer, et prend par exemple la forme de l’esclavage que la haute finance internationale fait peser sur les peuples, c’est une iniquité qu’aucun massacre ne parviendra à expier. Nous n’acceptons pas les lois de l’Économie ou de l’Échange, nous n’acceptons pas l’Esclavage du Travail, et dans un domaine encore plus large nous nous déclarons en insurrection contre l’Histoire. L’Histoire est régie par des lois que la lâcheté des individus conditionne et nous ne sommes certes pas des humanitaires, à quelque degré que ce soit.

C’est notre rejet de toute loi consentie, notre espoir en des forces neuves, souterraines et capables de bousculer l’Histoire, de rompre l’enchaînement dérisoire des faits, qui nous fait tourner les yeux vers l’Asie (2). Car en définitive, nous avons besoin de la Liberté, mais d’une Liberté calquée sur nos nécessités spirituelles les plus profondes, sur les exigences les plus strictes et les plus humaines de nos chairs (en vérité ce sont toujours les autres qui auront peur). L’époque moderne a fait son temps. La stéréotypie des gestes, des actes, des mensonges de l’Europe a accompli le cycle du dégoût (3). C’est au tour des Mongols de camper sur nos places. La violence à quoi nous nous engageons ici, il ne faut craindre à aucun moment qu’elle nous prenne au dépourvu, qu’elle nous dépasse. Pourtant, à notre gré, celà n’est pas suffisant encore, quoi qu’il puisse arriver. Il importe de ne voir dans notre démarche que la confiance absolue que nous faisons à tel sentiment qui nous est commun, et proprement au sentiment de la révolte, sur quoi se fondent les seules choses valables.

Plaçant au devant de toutes différences notre amour de la Révolution et notre décision d’efficace, dans le domaine encore tout restreint qui est pour l’instant le nôtre, nous : CLARTÉ, CORREPONDANCE, PHILOSOPHIES, LA RÉVOLUTION SURRÉALISTE, etc., déclarons ce qui suit :

__1° Le magnifique exemple d’un désarmement immédiat, intégral et sans contre-partie qui a été donné au monde en 1917 par LENINE à Brest-Litovsk, désarmement dont la valeur révolutionnaire est infinie, nous ne croyons pas votre France capable de le suivre jamais. 2° En tant que, pour la plupart, mobilisables et destinés officiellement à revêtir l’abjecte capote bleu-horizon, nous repoussons énergiquement et de toutes manières pour l’avenir l’idée d’un assujetissement de cet ordre, étant donné que pour nous la France n’existe pas. 3° Il va sans dire que, dans ces conditions, nous approuvons pleinement et contresignons le manifeste lancé par le Comité d’action contre la guerre du Maroc, et cela d’autant plus que ses auteurs sont sous le coup de poursuites judiciaires. 4° Prêtres, médecins, professeurs, littérateurs, poètes, philosophes, journalistes, juges avocats, policiers, académiciens de toutes sortes, vous tous, signataires de ce papier imbécile : "Les intellectuels aux côtés de la Patrie", nous vous dénoncerons et vous confondrons en toute occasion. Chiens dressés à bien profiter de la Patrie, la seule pensée de cet os à ronger vous anime. 5° Nous sommes la révolte de l’esprit ; nous considérons la Révolution sanglante comme la vengeance inéluctable de l’esprit humilié par vos œuvres. Nous ne sommes pas des utopistes : cette Révolution nous ne la concevons que sous sa forme sociale. S’il existe quelque part des hommes qui aient vu se dresser contre eux une coalition telle qu’il n’y ait personne qui ne les réprouve (traîtres à tout ce qui n’est pas la liberté, insoumis de toutes sortes, prisonniers de droit commun), qu’ils n’oublient pas que l’idée de Révolution est la sauvegarde la meilleure et la plus efficace de l’individu.
__ Georges AUCOUTURIER, Jean BERNIER, Victor CRASTRE, Camille FÉGY, Marcel FOURRIER, Paul GUITARD. Camille GOEMANS, Paul NOUGÉ. André BARSALOU, Gabriel BEAUROY, Émile BENVENISTE, Norbert GUTERMANN, Henri JOURDAN, Henri LEFEBVRE, Pierre MORHANGE, Maurice MULLER, Georges POLITZER, Paul ZIMMERMANN. Maxime ALEXANDRE, Louis ARAGON, Antonin ARTAUD, Georges BESSIÈRE, Monny de BOULLY, Joe BOUSQUET, André BRETON, Jean CARRIVE, René CREVEL, Robert DESNOS, Paul ÉLUARD, Max ERNST, Théodore FRÆNKEL, Michel LEIRIS, Georges LIMBOUR, Mathias LÜBECK, Georges MALKINE, André MASSON, Douchan MATITCH, Max MORISE, Georges NEVEUX, Marcel NOLL, Benjamin PÉRET, Philippe SOUPAULT, Dédé SUNBEAM, Roland TUAL, Jacques VIOT. Hermann CLOSSON. Henri JEANSON. Pierre de MASSOT. Raymond QUENEAU. Georges RIBEMONT-DESSAIGNES.

1. Ceux mêmes qui reprochaient aux socialistes allemands de n’avoir pas « fraternisé » en 1914 s’indignent si quelqu’un engage ici les soldats à lâcher pied. L’appel à la désertion, simple délit d’opinion, est tenu à crime : « Nos soldats » ont le droit qu’on ne leur tire pas dans le dos. (Ils ont le droit aussi qu’on ne leur tire pas dans la poitrine).

2. Faisons justice de cette image. L’orient est partout. Il représente le conflit de la métaphysique et de ses ennemis, lesquels sont les ennemis de la liberté et de la contemplation. En Europe même qui peut dire où n’est pas l’Orient ? Dans la rue, l’homme que vous croisez le porte en lui : l’Orient est dans sa conscience.

3. Spinoza, Kant, Schelling, Proud’hon, Marx, Stirner, Baudelaire, Lautréamont, Rimbaud, Nietzcshe : cette seule énumération est le commencement de votre désastre.

dimanche 12 juillet 2009

Droite - gauche : une différence au Parlement européen ?

Camp

Le PS de Madame Aubry tape sur l’UMP de Monsieur Sarkozy qui tape sur le PS de Madame Aubry et ainsi de suite, avec au milieu Monsieur Bayrou qui se présente comme l'anti-système bien qu'il en soit l'épicentre. Une élection approche, on rejoue donc la partition gauche-droite-gauche-droite qui rassure l'électorat de chacun sur l'identité de l'ennemi. Mais il s'agit cette fois de l'élection européenne. Que se passe-t-il vraiment dans l’hémicycle européen une fois que droite et gauche ont fini leurs chamailleries électorales ? Une étude à paraître (Observatoire de l’Europe) portant sur le sens des votes des groupes politiques au Parlement européen pourrait faire grand bruit, au moment où fusent les critiques tant du côté du Front de gauche que de celui de Philippe de Villiers contre les « arrangements et collusions de toujours » entre les grands partis qui siègent au Parlement européen depuis 1979. Jusqu’ici, personne ne s’était livré au fastidieux travail de recension des votes de chaque groupe puis à leur comparaison. L'étude à venir porte sur l’année 2008 et fait apparaître que le groupe du PPE-DE, majoritaire, qui rassemble les partis de centre-droit en Europe (dont l’UMP pour la France) et le groupe PSE (socialistes) ont voté dans le même sens sur 97% des votes finaux par appel nominal (rapports, résolutions) examinés par le Parlement européen. Un score digne de la Douma de l'ex Union soviétique. Sur 535 votes finaux avec appel nominal (votes électroniques, les seuls qui soient enregistrés et donc traçables) les groupes PPE et PSE n’ont voté différemment que dans 18 cas. Et sur ces 18 votes par appel nominal où ils ont divergé, ça n’était pas forcément pour s’opposer puisque l'un des deux groupes à choisi l'abstention 8 fois. C'est à dire que droite et gauche au Parlement européen ne se sont opposées que dans 10 cas sur 535 votes. Sur ces dix votes qui les ont vus s’opposer, un seul était un texte de nature législative. La convergence des votes du PPE et du PSE exprimées en pourcentages est donc de 97%. Constatant déjà la convergence de leurs politiques au plan national, l’historien Max Gallo avait un jour résumé en disant qu’ « ils se chamaillent sur le perron pour faire oublier qu’ils se partagent la maison ». Le fait est qu'ils soutiennent constamment les mêmes traités et aujourd'hui le même M. Barroso pour un nouveau mandat à la tête de la Commission. ChB

Source : http://www.observatoiredeleurope.com/notes/Droite-et-gauche-ont-un-vote-identique-dans-97-des-cas,-selon-une-etude_b1354225.html

Le Parti Communiste Hongrois a quitté le PGE

Lors de sa session du 25 avril, le Comité Central du Parti Communiste Ouvrier Hongrois a décidé de quitter le Parti de la Gauche européenne (PGE) à partir du 1er mai 2009. Bien que fondateur du PGE, le Parti Communiste Ouvrier de Hongrie a eu, dès le départ des réserves sur le PGE, réserves qui n’ont fait que s’approfondir, jusqu’à la rupture. D’abord le PCOH avait un profond désaccord sur l’évaluation des anciens pays de l’Est par le PGE. Reconnaissant que des erreurs furent commises pendant les décennies du socialisme, le PCOH n’accepte pas le dénigrement systématique, et estime que cette période fut la plus faste de l’histoire nationale des anciens pays socialistes.

Surtout, le PCOH critique la ligne réformiste du PGE, invitant dans ses rangs des partis qui n’ont rien à voir avec le communisme, et prenant des positions européiste, appelant à « une nouvelle culture politique européenne ». Le Parti Communiste Ouvrier de Hongrie estime que les partis communistes doivent mener une lutte conséquente contre le capitalisme et organiser le combat des travailleurs : « nous voulons liquider le capitalisme, la Gauche Européenne veut seulement le rendre meilleur ».

Après avoir tenté d’influer la l’orientation du PGE, « estimant que le révisionnisme et l’opportunisme sont actuellement les pires dangers qui menacent le mouvement communiste », le PCOH se retire du PGE, à la fois pour s’en libérer et pour aider à la réflexion d’autres Partis Communistes. En vingt ans de capitalisme, le peuple Hongrois a accumulé une grande expérience de l’exploitation capitaliste, et, pour la rejeter, a besoin d’un Parti Communiste serein et conséquent.

« La démocratie vulgaire (...) voit dans la République démocratique le millenium et (...) ne soupçonne guère que c'est précisément sous cette forme ultime de l'Etat de la société bourgeoise que devra se livrer la bataille définitive entre les classes. »

Democratie2

« Le capitalisme en général et l'impérialisme en particulier font de la démocratie une illusion ; et cependant le capitalisme engendre des tendances démocratiques au sein des masses, fonde des institutions démocratiques, aggrave l'antagonisme entre l'impérialisme, négateur de la démocratie, et les masses qui aspirent à la démocratie. » - Lénine

Le communisme est-il de gauche ?

Droite et gauche sont devenues des catégories universelles de la politique, et ont pour origine un vote à l’assemblée populaire en 1789 lors d’un débat sur le poids de l’autorité royale face au pouvoir de l’assemblée dans la future constitution : les députés partisans du veto royal s’étant regroupés à la droite du président de séance, ceux s’y opposant à sa gauche. Gauche et droite sont ainsi en France inséparables ; la gauche étant symétrique de la droite, et les deux ensemble constituant un système participant de notre démocratie, une démocratie donc dès le début bourgeoise, dont la revendication était alors parfaitement légitime, mais devenue de nos jours – au vu de l’histoire qui nous sépare de cet événement – réactionnaire, voire antidémocratique.

Etre de gauche en France, c’est aujourd’hui en effet prendre très au sérieux la participation aux scrutins électoraux, dans la perspective d’une alternance souvent présentée comme une expression exemplaire de la démocratie. La gauche est ainsi une notion trop parlementaire, presque vidée de son sens, non du fait des divisions, mais parce que réduite au monde des élus, des notables pour qui le peuple est uniquement ce dont il parle, abstrait, fantasmé, lointain. L’expérience du pouvoir, la gestion gouvernementale, sans remise en cause du cadre de la démocratie bourgeoise, n’a pas vraiment corrompu la gauche, mais a révélé ses contradictions. La commode assimilation entre « gauche » et « camp du progrès » est-elle en effet tenable à partir du moment où des tensions fortes la compliquent : débat sur le socialisme, la société de classes, la religion, la nation, la volonté d’aller à l’affrontement, la propriété privée, la guerre, l’histoire, … Le bon sens voudrait que s’il y a une droite, il doit y avoir une gauche. Pourtant, proclamer une opposition gauche/droite comme constitutive de la démocratie, alors même que l’homme dit « de gauche » se rallie bien souvent aux solutions de l’homme dit « de droite » – bien moins l’homme à abattre que le communiste – et avec lequel il peut se retrouver au pouvoir au niveau local comme national, paraît inconsistant. La gauche, telle qu’on l’entend, est surtout partagée par la lutte des classes plutôt que par une différence d’objectifs : révolution sociale ou progrès lent et continu (révolution contre réforme en somme). Or, la véritable nature du communisme s’appuie dans toute sa singularité sur le principe de l’abolition de la discrimination à la fois par le cens, la race et le genre.

La gauche dite réformiste se contente effectivement très facilement d’une démocratie pour un peuple bien défini de « seigneurs », celui inscrit dans le temps long de la reproduction de ses privilèges de classes mais assez charitable pour faire le voeux pieu qu’à terme – c’est-à-dire quand on sera tous morts – le peuple puisse goûter lui aussi aux fruits de la démocratie ; mais pour l’instant et pour longtemps encore, le démocrate de gauche, grosso modo l’homme occidental doté à la fois d’un capital culturel et économique suffisants pour se maintenir à bonne distance sociale et intellectuelle de la plèbe, est de temps à autre secoué par quelques mouvements de compassion pour les victimes de sa démocratie perfectible, surtout quand le résultat des urnes lui est défavorable. Que penser en effet de cet homme de gauche qui préfère le tsar à Lénine, le débarquement allié en Normandie à la déroute de la Wehrmacht à Stalingrad, la mise en concurrence des services au renforcement des organismes publics, l’Europe des banquiers à l’Europe sociale ? Certes « la gauche, c’est mieux que la droite » ; mais pour qui au fond ? Et qui a intérêt à soutenir l’opposition entre « l’illusion révolutionnaire » et le « réalisme réformiste » ? La révolution est une nécessité historique. Une minorité de privilégiés ne peut continuer à exploiter la grande majorité du peuple ; le penser, c’est être dans l’illusion ; en espérer la fin, c’est être réaliste.

Alors, le communisme est-il de gauche ? La droite et la gauche sont organiquement liés dans notre système politique, et forment une sorte d’entente cordiale, unis en une « sainte alliance » contre le peuple. Le communisme est en dehors de ce jeu de dupes. Le communisme, c’est le peuple.

"Personne n'aurait délibérement conçu un gouvernement aussi complexe et dans lequel les pouvoirs sont aussi mal délimités que celui de l'Union européenne." The United States of Europe, Tom Reid, éd. Penguin Books, 20047

Europe

Ça alors !

Le drapeau européen, formé de douze étoiles dorées sur fond bleu, d’où vient-il ? Pourquoi bleu et pourquoi douze (l’europe n’ayant jamais été constituée de douze pays) ? Le projet date des années 50, et son dessinateur, un fervent catholique nommé Arsène Heitz, a été « inspiré » par les premiers mots de la messe du 15 août, jour de la soi-disant « Assomption » de la « vierge » Marie : « Un signe grandiose est apparu dans le ciel, une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles ».

Ce drapeau est donc celui de Marie : bleu comme son manteau, et douze comme les apôtres ! Et ce drapeau est adopté à l’unanimité par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe le 8 décembre 1955. Encore un hasard : c’est le jour de la fête de « l'Immaculée conception » de la Vierge Marie !

Et le soi-disant hymne européen, vous en connaissez le sens ? Il célèbre l’humanité réconciliée avec son « Dieu créateur » dans la joie de la délivrance des péchés : c’est ça l’Ode à la joie ! Il y a bien quelque chose de pourri dans cette europe : il faut en sortir !

mercredi 8 juillet 2009

"Quand je donne à manger aux pauvres, on me dit saint ; quand je demande pourquoi les pauvres ont faim, on me dit communiste."

Communisme

« Les formes d'Etats bourgeois sont extrêmement variées, mais leur essence est une : en dernière analyse, tous ces Etats sont, d'une manière ou d'une autre, mais nécessairement, une dictature de la bourgeoisie. Le passage du capitalisme au communisme ne peut évidemment manquer de fournir une grande abondance et une large diversité de formes politiques, mais leur essence sera nécessairement une : la dictature du prolétariat. » - Lénine

Le communisme expliqué simplement

L’analyse de la société en classes et de son évolution a été initiée au 19ème siècle par Karl Marx et Friedrich Engels. Au 21ème siècle, elle reste encore la base du communisme.

La société humaine comprend d’innombrables individus ayant chacun son caractère propre. Elle ne peut pas être analysée telle quelle. Il faut simplifier le modèle en regroupant les individus ayant sensiblement les mêmes intérêts économiques et sociaux. On définit ainsi des classes sociales sachant qu’elles évoluent avec le temps et dans l’espace.

La société française, au 21ème siècle, peut être divisée en trois classes sociales principales : celle des travailleurs salariés, celle des travailleurs non salariés et celle des capitalistes.

La classe des travailleurs salariés est la plus nombreuse. Avec les ouvriers et les employés, elle comprend, maintenant et de plus en plus, les enseignants, les agents de maîtrise, les cadres, les ingénieurs et les médecins salariés. Dans le système actuel, une part importante du fruit de leur travail leur échappe individuellement et collectivement.

La classe des travailleurs non salariés est composée de paysans, d’artisans, de commerçants et de membres des professions libérales. Ces travailleurs souffrent de plus en plus de la concentration capitaliste, du fait que « les gros mangent les petits ». En leur faisant croire qu’ils seraient victimes du communisme, on en fait des proies faciles pour les capitalistes.

Enfin, la classe des capitalistes regroupe ceux qui possèdent l’essentiel des moyens de production et d’échange. Leurs profits viennent en premier lieu de leur exploitation des travailleurs, ils sont augmentés par la spéculation, les circuits douteux, les paradis fiscaux, l’exploitation des matières premières des pays pauvres, le détournement des sciences et des techniques vers le profit, les commerces illégaux ou non de l’armement et de la drogue….. Elle est la moins nombreuse des classes sociales et pourtant elle dispose des plus grands pouvoirs. Le pouvoir de l’argent lui confère pratiquement tous les pouvoirs notamment celui de l’information qui alimente la propagande anticommuniste et influence fortement la politique. Pour défendre leurs privilèges, les capitalistes créent et favorisent des oppositions raciales et religieuses. Ils n’hésitent pas à mener ou à provoquer des guerres, ils vérifient ainsi la phrase de Jean Jaurès « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage »

Il existe des solutions, des suites à donner à cette déplorable situation d’opposition des classes sociales.

La plus mauvaise est le statu quo car elle conduirait inévitablement à des aggravations très dangereuses pour l’humanité dans des proportions difficiles à imaginer.

Une autre solution est le réformisme qui se limiterait à glaner des avantages sociaux même indéniables comme en 1936, 1945, 1968 mais les bases du système capitaliste n’étant pas mises en cause, ces avantages momentanément acquis sont vite contestés et perdus à moyen terme

La troisième solution, sans négliger les acquis de la lutte quotidienne des travailleurs, est la transformation profonde de la société capitaliste en une société communiste, société fraternelle sans exploiteurs ni exploités. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, la société communiste n’est pas un modèle figé ; au contraire, elle sera toujours perfectible car le niveau de conscience évoluera dans le temps d’une manière difficilement prévisible actuellement. Dans une première étape, la société nouvelle serait caractérisée par la suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme, la collectivisation des principaux moyens de production et d’échange, l’amélioration du niveau de vie matériel et culturel du peuple suivant le principe : « de chacun selon ses capacités, à chacun suivant son travail » La deuxième étape verrait se créer progressivement les conditions du communisme où l’abondance de la richesse sociale et le niveau de conscience des hommes seraient tels qu’il serait possible de passer à la réalisation du grand principe « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins »

L’humanité aurait tort de se priver d’un si bel avenir.

mardi 7 juillet 2009

La liberté !

Iran

Lors de la réunion à l'université "Amir Kabir", quand un petit groupe, au milieu d'une ‎grande majorité et en présence du Président de la République, ont insulté librement le ‎président, élu par le peuple, sans ressentir aucune crainte, j'ai ressenti moi, un grand ‎sentiment de joie. Je me suis souvenu, tout à coup, de mes propres années ‎universitaires et des 16 Azar, d'avant la Révolution. Je me suis souvenu des années ‎noires de 1975 à 1977, des années d'étouffement politique où il était impossible de ‎critiquer le gouvernement de l'époque, soutenu par l'occident. La moindre ‎insulte aux dirigeants gouvernementaux, était passible de la peine de mort, de la ‎prison et de la torture ...

Mahmoud Ahmadinejad, 12 décembre 2006

Chavez soutient Ahmadinejad

Caracas a pris position en faveur de Téhéran, mardi 16 juin, à propos de la réélection contestée du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. "Le Venezuela exprime son ferme rejet de la campagne de discrédit, féroce et infondée, déclenchée à l’étranger contre les institutions de la République islamique d’Iran, avec l’objectif de troubler le climat politique de ce pays frère", affirme une déclaration officielle, reprenant les arguments utilisés par le pouvoir iranien. Le scrutin a été une "extraordinaire journée démocratique", estime Caracas.

Dimanche, dans son programme télévisé "Allô président !", le président vénézuélien, Hugo Chavez, avait "félicité Ahmadinejad, réélu par une grande majorité". Le chef de la "révolution bolivarienne" considère son homologue iranien comme un "vaillant lutteur pour la révolution islamique et contre le capitalisme". M. Chavez s’en est pris aux "porte-parole du capitalisme" qui contestent le scrutin, "très important pour les peuples qui luttent pour un monde meilleur".

Source : Bellaciao

"Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu'on appelle Assemblée nationale, pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l'état d'un pays sont presque toujours ceux qui le représentent."- Proudhon - Confession d'un révolutionnaire

Capital

"Il y a longtemps que le vrai pouvoir n'est plus dans les urnes. Il plane bien au-dessus d'elles, dans nos institutions dont les membres ne sont pas éligibles : notre FMI, notre OCDE, notre OMC, notre banque mondiale, qui mènent la vraie marche de la planète. Les démocraties sont de belles coquilles vides."

La société du capital, une réussite !

La France doit être l'exemple de l'Amérique

Manger trop gras, trop sucré, trop salé. S’enfiler de bonnes grosses glaces, Hummm !!!. Devenir gros, obèse. Sans complexe. Ne pas se soucier des autres surtout, ni des enfants mal nourris.

Acheter un 4x4 : le dernier modèle surtout, bien polluant, grand consommateur d'énergie et faire des kilomètres, des kilomètres pour montrer que l'on possède un 4x4 – c’est tellement glorieux ! – et pourrir la planète. On parle d'environnement ?

Fermons les yeux, faisons l’autruche, et changeons de chaîne, tout simplement. Ou bien sortir le discours « moi je suis "écotendance", "écolotendency", je n’achète que des produits recyclables et moins polluants » ! (O) !

Ignorer les pauvres, les regrouper dans des taudis tandis que les riches se planquent derrière des forteresses. Vivre avec des caméras qui surveillent vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; ainsi vous aurez une protection parfaite. (Ouf !) Pour ce qui est des libertés individuelles, eh bien le plus important, c’est la sécurité !

Il existe deux sortes d'humains, les gentils et les méchants

Les gentils gagnent beaucoup d'argent. Les méchants sont pauvres et cons à la fois. Il faut enfermer, renforcer les prisons, car tout opposant au "financial" capital représente une menace. Il existe des prisons pour les individus brandissants, des hôpitaux psychiatriques pour les autres rébellions. S’ils sont tous enfermés, la bonne société est sécurisée. Il faut aussi construire un Etat policier, c'est tellement sécurisant. Et la bonne société, c'est bien sûr la société du capital, celle de l'égocentrisme. Si demain un individu a un comportement altruiste, on dira « mais il est fou ! il partage ! ». Dans le "financial" capital, tout s'achète et l'humain devient une marchandise. La devise du capital : « n’aime que toi-même ».

On fait tout pour ignorer les pauvres. Il suffit d'acheter des lunettes de soleil dernier modèle, très opaques, surtout pas n’importe quelle marque et voilà, on ne les voit plus. Mais on n'est pas à l'abri de quelques pauvres rebelles. Alors là, c'est simple, il existe un numéro vert Super Sherif 48 secondes chrono, on n'arrête pas le progrès ! Le ou la Super Sherif arrive et fait une démonstration d'homme fort, viril, exciting, on n’est pas pour le sexisme, on est pour l’égalité des sexes dans la société du capital. Il ou elle neutralise l'intrus au Taser , il ou elle enraye même les pauvres femmes, méchantes comme des chiennes à abattre : ça, c'est du spectacle ! Surtout, il faut les traiter comme des bêtes. Sans oublier les insultes ! Ce ne sont que des bêtes. Mais au fait, l'autorisation du port d'armes, c'est pour quand en France ? La protection, c'est important, non ?

Pour les riches, il faut aussi être fashion, avoir le dernier polo de telle marque. Mais attention, toujours mieux que le voisin. Et c’est quoi être mieux ? Eh bien c’est être tendance enfin! Surtout consommer un maximum pour soi, c'est quand même le but d'une vie! Et toujours se mettre en avant, toujours dire « moi » et « ma réussite », ce n'est que moi bien sûr, moi et toujours moi. Je suis le centre du monde et sans moi!

Et enfin, la morale, c'est quoi ? Eh bien, c’est gagner toujours plus d'argent et là, tous les coups sont permis. Ah non, tuer n'est pas encore légal, mais en contrepartie vous avez des quartiers de gangs très chauds. Après une journée de travail difficile, le riche allume sa télé et là, génial ! une émission exclusive de reality show dans les quartiers chauds : tuerie, agression en direct. Les pauvres servent à quelque chose au moins. Ou alors regarder une série américaine avec des blagues à deux balles, c'est drôle, non ? En mangeant une glace devant sa télé, quel beau spectacle !

Faire du spectacle, développer un sentiment de supériorité, l’important c’est l'image. Si par malheur, vous devez vous adresser à un pauvre, parlez-lui comme si vous parliez à un débile mental, à un enfant qui fait une bêtise, et rire surtout ou prendre un air grave ! Tout de même, on ne va pas s'abaisser, on est au-dessus de cela. Le mieux, c'est encore d'avoir un langage indirect si possible, sinon ça peut être dangereux pour votre équilibre. Ah oui, une tolérance pour les pauvres obéissants : ça peut servir (pour nettoyer derrière vous par exemple) et ce n'est pas très cher. L’Amérique est un pays de vraies valeurs. La société du capital, on aime !

Au fait, c’est quand la fin du monde ?

Parce qu’il faut en profiter, bouffer beaucoup de glaces…

lundi 6 juillet 2009

"Un animal grégaire, un être docile, maladif, médiocre, l'Européen d'aujourd'hui !" - Frédéric Nietzsche

Elections

7 juin : mais qui a gagné ?

Dans le Nord, l’abstention a été de 64 %. Pour les grandes villes, le gros des troupes est entre 60 et 70 % d’abstention. 13 villes sont à 70 et plus, dont Tourcoing (74), Roubaix (76), Wattrelos (73), Hautmont (74). Seulement trois sont à moins de 60 %, et quelles villes ! : Marcq-en-Baroeul (56), Lambersart (56) et Bondues (52). C’est dire si l’abstention a un sens de classe ! Ainsi, le socle est l’abstention, et les suffrages exprimés représentent une minorité. L’aspect le plus dérisoire est que l’UMP, donnée « gagnante », ne rassemble qu’un petit 9 % des voix ! Dans ce contexte difficile, tous les militants, sympathisants et électeurs du PCF, se réjouissent de la réélection de Jacky Hénin. Mais la question est : qui sont les abstentionnistes ? Un troupeau qu’on pourrait ignorer ? C’est exactement ce que font les médias. La soirée électorale du 7 juin à la télé a été un spectacle affligeant : un petit théâtre de copains, où Cohn-Bendit tutoie Brice Hortefeux, où l’on se félicite ou s’afflige des scores, où l’on pleure, où l’on rit. Où l’on parle écologie sans faire trembler les industriels, mais où l’on ne parle pas de salaires, pas de conditions de travail. Où l’on regrette qu’il y ait eu tant d’abstention, sans se poser la question du pourquoi. Et où l’on tourne le dos au grand, au grand absent : le peuple ! Mais pourquoi donc le peuple s’est-il abstenu ? Parce que son expérience concrète de l’Europe, depuis au moins trente ans, montre clairement que l’Europe est synonyme de bas salaires, mauvais travail, chômage, précarité, tout pour les riches, rien pour les autres. Et depuis le temps que l’Europe « change », et « se construit », chacun voit bien que la situation se dégrade ! Alors, il faut le dire, les abstentionnistes ont raison. Et il faut leur dire : vous avez eu raison ! Car il y a là une rupture. La procédure « démocratique » est devenue une manipulation. Sinon, personne n’aurait osé revenir sur les référendums français, néerlandais, irlandais, qui ont rejeté le TCE. Personne n’aurait toléré ces manoeuvres frauduleuses pour passer outre l’avis du plus grand nombre. Personne ne prétendrait avoir « gagné » avec moins de 9 % des voix. Il y a de la reconquête dans l’air : l’Union Européenne n’est qu’une machine à broyer, et aucune majorité populaire ne peut s’y exprimer. L’UE est définitivement libérale, atlantiste, antipopulaire. Il faut s’en libérer, il faut en sortir.

6 juin : une imposture !

Il paraît qu’à la commémoration du débarquement anglo-américain du 6 juin, il manquait la reine d’Angleterre ! Ah bon ? Il manquait surtout les vainqueurs de l’Allemagne nazie : les soviétiques ! Bien sûr, vous avez remarqué que l’Union Soviétique n’existe plus. Mais un simple général russe aurait très bien fait l’affaire ! Parce que, pour être clair, lorsque les armées soviétiques supportent l’essentiel de l’effort de guerre, leurs demandes répétées d’ouvrir un second front n’a eu aucun écho chez les anglo-américains : si les Russes se faisaient battre, ce n’était pas bien grave pour ces gens-là ! Mais la situation change complètement après la bataille de Stalingrad, car il devient clair que, non seulement les Allemands avaient perdu la guerre, mais encore que c’étaient les soviétiques qui étaient les vainqueurs. Et repoussaient les armées nazies, direction Berlin. Alors là, n’écoutant que leur courage anticommuniste, le débarquement est organisé face à une armée allemande en déroute, prise entre l’enclume soviétique et le marteau de la résistance intérieure, dont le gros des forces et de l’organisation était communiste ! La bourgeoisie, son personnel politique, de droite et de gauche, et leur presse, inventent depuis un mythe : la Libération serait venue de ce débarquement, alors qu’il n’a été qu’un contre-feu à la progression du communisme. Se libérer est encore à l’ordre du jour : nous sommes depuis occupés par l’alliance germano-étasunienne, atlantiste et européiste !

dimanche 17 mai 2009

Convergence...

Le capitalisme a creusé le gouffre de sa crise : qu’il y soit englouti tout entier !

Ses prétentions, jamais assouvies, mortifient toutes les couches de la population. D’abord la classe ouvrière crucifiée pour lui faire cracher du profit, puis les employés humiliés par des conditions de travail et de salaires infâmes, les fonctionnaires méprisés dans leur fonction d’oeuvrer à l’intérêt général, etc. Mais aussi tous les salariés sont agressés par la volonté du capital de privatiser la Sécurité Sociale et les retraites, juste parce que le privé, c’est plus juteux. Qui est prêt à jouer sa santé ou sa retraite à la bourse ?

Mais l’offensive fait dans le détail : l’université, trop savante, trop indépendante ; les magistrats, pas assez souples ; le journaliste en garde à vue pour ne pas vouloir révélé ses sources. Quiconque coûte de l’impôt que le capital ne veut plus payer, quiconque fait le moindre obstacle à son appétit pharaonique est dans sa cible. Ca fait du monde tout ça ! Dans la sécheresse de ses comptes vigilants, l’INSEE nous dit : 70 % de la population ! Un petit 30 % qui balance et un petit 1 % de profiteurs. Mais là, ce n’est pas beaucoup, pas vrai ?

Alors de quoi, de qui avons-nous peur ? D’où nous vient ce sentiment qu’il ne faut pas aller trop loin, qu’il faut savoir rester raisonnable ? Cette petite poignée de profiteurs, est-elle à ce point effrayante que nous n’osons nous lancer dans une lutte résolue. Depuis trente ans, notre situation se dégrade, celle de nos enfants se dessine pire encore sur tous les plans : social, économique, environnemental et politique. La confrontation est inévitable. Résister est possible, faire reculer le pouvoir est réaliste, se rassembler est raisonnable. Ne plus subir.

L’organisation populaire est décisive. D’abord pour construire la revendication, précise, complète, utile, celle qui rassemble les forces, qui n’oublie personne. Ensuite pour la faire vivre, la faire vaincre. Le LKP a montré, par son travail, que de nos jours, sous nos yeux, c’était la voie. Comme savait le faire, de son temps, Martha Desrumeaux, dirigeante communiste du Nord.

Car il y a une suite. La victoire acquise, comment la maintenir ? Comment faire pour qu’elle ne nous glisse pas entre les doigts ? Cela pose la question du pouvoir.

Qui décide de la production ? Qui décide des financements de cette production ? Qui décide de la nature de cette production, durable ou non ? Qui décide de la façon de faire du commerce ? Qui décide de la politique du logement ? Qui décide de la communication, presse et télé ? Qui décide de la façon de faire de l’art, de la musique, de la poésie ? Qui décide, et qui ne décide pas, voilà la question centrale. La bourgeoisie décide en tout depuis plus de 200 ans ! Elle a montré, prouvé, illustré, de mille manières, que ses décisions n’étaient jamais en faveur du plus grand nombre, mais d’un tout petit cercle de profiteurs, petit cercle de plus en plus restreint.

Est-ce raisonnable ? Osons dire non, ce n’est pas raisonnable ! Le peuple, ouvriers, employés, fonctionnaires, étudiants, tout ceux qui sont ce plus grand nombre devront bien s’organiser pour dire, soyons raisonnables, le pouvoir, c’est nous !

Osons lutter, osons vaincre.

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